La réforme des soldes est de retour. Après la tentative ratée de l'ancien ministre de l'Economie Thierry Breton en 2006, le gouvernement a lancé un nouveau projet de toilettage des soldes, qui doit être intégré dans la loi de modernisation de l'économie prévue pour le printemps. Ce texte doit redonner du pouvoir d'achat aux Français en assouplissant l'implantation des grandes surfaces, l'ouverture des magasins le dimanche et les relations entre fournisseurs et distributeurs.En matière de soldes, l'idée est de faire baisser les prix en multipliant les promotions, aujourd'hui limitées à deux fenêtres de six semaines chaque année. "Il faut sans doute assouplir ce dispositif", a déclaré cette semaine le secrétaire d'Etat à la Consommation, Luc Chatel. "Je suis pour des périodes de soldes plus régulières", a renchéri la ministre de l'Economie, Christine Lagarde (*). La commission de "libération de la croissance" présidée par Jacques Attali est encore plus radicale, puisqu'elle préconise de supprimer l'interdiction de vendre à perte. Cela ouvrirait la voie à une braderie permanente, puisque la revente à perte est actuellement autorisée uniquement pendant les soldes.
Des soldes toute l'année, la fin du petit commerce?
"Rien n'est encore arbitré", tempère-t-on dans l'entourage de Luc Chatel. Le secrétaire d'Etat reconnaît que le sujet est "très compliqué". Les commerçants sont farouchement opposés à la réforme, qui risque de désorienter les consommateurs et de plomber leurs marges. "Deux fois par an, ça suffit amplement", plaide Lucien Odier, président du syndicat des grandes enseignes textiles (Zara, Etam...). Charles Melcer, qui représente les magasins indépendants, n'hésite pas à pronostiquer "la disparition du commerce de proximité" si les recommandations de la commission Attali sont appliquées. "En Allemagne, où les soldes ont été libéralisées, la rentabilité des commerçants a tellement baissé qu'ils veulent revenir à l'ancien système", plaide-t-il.
Nicolas Sarkozy devra trancher. Osera-t-il passer en force? Alors qu'il affichait de grandes ambitions, Thierry Breton avait finalement accouché de mesurettes, qui n'ont finalement jamais été votées pour cause de surcharge du calendrier parlementaire.
(*) Lundi matin, sur Canal+, la ministre de l'Economie s'est par exemple déclarée favorable à ce que, dans chaque magasin et en permanence, "une zone soit réservée à des articles soldés".

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