dimanche 30 décembre 2007

Les Bahadourian : Byzance-sur-Rhône

C’est une histoire de négociants arméniens opiniâtres. Une épopée familiale. Après avoir tout perdu plusieurs fois, les Bahadourian ont surmonté leur déracinement pour devenir d’importants commerçants lyonnais. Leur plus vieux magasin, dans le quartier de la Guillotière, fait partie du patrimoine culturel de la ville. Un souk regorgeant de produits exotiques, ouvert par le fondateur, Gabriel. Un homme qui a vécu deux fois l’exode, avant de s’établir à Lyon.

Au départ, les Bahadourian étaient de riches éleveurs du centre de l’Anatolie. Plus de 3 000 moutons et un commerce florissant de peaux, de blé et d’huile de lin. En 1915, le génocide arménien perpétré par les Turcs les chasse vers le désert de Jordanie, où Nichan, père de Gabriel, meurt. Le garçon se retrouve au Liban, à vendre du pain dans le port de Beyrouth pour aider sa famille à vivre. Lorsqu’en 1918 ils reviennent en Turquie, tout a été saisi. « Avec les seules réserves d’huile de lin, ils auraient été riches, soupire Armand, l’un des fils de Gabriel. Mais il n’y avait plus rien. Il a fallu repartir de zéro. » Gabriel travaille alors pour un riche marchand, qui lui accorde sa confiance, puis la main de sa fille. Le jeune se révèle très doué en affaires et prospère sur une devise simple : « Ne jamais dire « je n’en ai pas ». » Il sillonne les routes, de l’Orient à l’Oural, pour dénicher ce que les autres n’ont justement pas. Il vendra même des automobiles Berliet (produites à Lyon) avant de découvrir la ville.

Tous les produits exotiques en stock

En 1928, bien renfloué, il rend visite à l’un de ses frères, Sahag, qui a immigré en France comme une partie de la diaspora. Gabriel décide de rester, perdant au passage une partie de ce qu’il possède, qu’un nouvel associé gardera. Il vit d’abord en clandestin, puis décide d’ouvrir une échoppe. Comme il y a déjà trois épiciers arméniens dans le quartier où son frère est boucher, près des actuelles Halles de Lyon, on lui conseille d’aller ailleurs. C’est ainsi que les Bahadourian s’installent durablement, en 1929, dans le quartier de la Guillotière.

Longtemps village où dormaient les voyageurs, lorsque les portes de Lyon étaient fermées, la Guillotière abrite d’importantes communautés arabes et asiatiques. Gabriel s’y spécialise dans l’épicerie orientale, puis fait venir, pour les Ashkénazes fuyant la Pologne, des harengs blancs de la Baltique et des cornichons au sel de Russie. Son négoce propose bientôt tous les produits exotiques dont manquent les déracinés.

Il importe en grosses quantités, que l’on conditionne en famille. Il faut griller le café, le moudre et le mettre en sachets. Remplir des bouteilles de rhum de la Martinique, arrivé par fûts de 300 litres. Gabriel ouvre ensuite un entrepôt pour vendre en gros et confie à son fils Armand, qui vient d’achever ses études, le magasin de détail. « Tu te mets à la caisse, et tu n’en bouges pas », dit-il. Quarante ans plus tard, Armand, 62 ans, s’y trouve toujours.

Le magasin est passé de 40 à 600 m2.

Petit à petit, le fils rachète les boutiques voisines. « Dès que je gagnais un sou, raconte-t-il, je réinvestissais. Papa disait toujours, en arménien, que les dettes sont le fouet du travail. » En quatre décennies, le magasin passe de 40 à 600 mètres carrés. Il occupe désormais tout le pâté de maisons. Au-dessous, une vraie caverne d’Ali Baba. Armand Bahadourian a fait forer les murs des caves, à mesure qu’il les rachetait, afin de pouvoir circuler de l’une à l’autre. Un vrai dédale voûté, qui déborde d’épices, de semoules, de condiments, de céramiques. Lorsqu’un client ne trouve pas son bonheur, il arrive qu’il le fasse descendre dans ses réserves, pour choisir. Emotion garantie. Le sous-sol faisant lui aussi tout le pâté de maisons, les plaques des rues, rivées aux murs comme dans les égouts, évitent que l’on se perde. Les odeurs se succèdent : safran, badiane, cumin, anis. Le cuisinier Paul Bocuse aime venir y flâner.

« Un jour, il y a une quinzaine d’années, se souvient Armand Bahadourian, je mangeais dans son restaurant avec ma femme. Quand il est passé à notre table, je me suis permis de lui dire que tout était parfait, sauf les pruneaux d’un plat. Le lendemain, je lui ai fait porter un carton d’une variété que je vendais. Il est devenu mon principal client, et mon ami. »

A la retraite du père, Arthur, l’aîné, a repris l’activité de gros, que ses propres fils, Léo et Patrick, gèrent désormais, en même temps qu’ils développent une chaîne de supermarchés (Grand Frais). Armand a gardé le détail, avec ses deux filles, Sandrine et Patricia. Ils occupent un rayon traiteur aux Galeries Lafayette ainsi qu’une belle boutique aux Halles. Lors de leur installation, en 1995, les commerçants ont fait passer une pétition. Ils craignaient que l’arrivée de Bahadourian ne dévalorise leurs Halles. « Ils disaient qu’on allait attirer les tchadors », rappelle, amusé, Armand, qui a tenu bon.

Malin, charmeur, il continue de veiller au grain. Il garde au mur, dans son magasin de la Guillotière, une carte d’Arménie, où il est retourné deux fois, pour participer aux élections de deux popes au nom de la communauté arménienne de Rhône-Alpes. « La première fois, dit-il, j’en ai profité pour rapporter un conteneur de vin. La seconde, de la bière et du brandy arméniens. »

Gabriel les a laissés, il y a quelques années. Avant de mourir, fortune refaite, il est retourné dans le désert de Jordanie, sur la tombe de son père. Il a pris un peu de terre. Il est rentré et l’a jetée sur la tombe de sa mère, chez eux, en France. Au cimetière de la Guillotière.

samedi 29 décembre 2007

Les maires vont pouvoir préempter les baux commerciaux

C'est une arme attendue depuis longtemps par les municipalités. Celles qui veulent maintenir la vie des petits commerces dans les centres-villes, qui espèrent éviter qu'une boucherie devienne une banque, qu'un bar troque son comptoir pour les bureaux d'une compagnie d'assurances...

Cette arme, c'est le décret d'application de l'article 58 de la loi du 2 août 2005 en faveur des petites et moyennes entreprises. Cette disposition de la loi Dutreil, du nom du ministre du commerce de l'époque, donne le droit aux municipalités de préempter les fonds artisanaux, les fonds de commerce et les baux commerciaux. "Le maintien de la diversité des commerces dans les centres-villes est fondamental pour maintenir la vitalité et l'animation commerciale et sociale de ces lieux de rencontre", déclarent, dans un communiqué commun du 26 décembre, la ministre de l'économie, Christine Lagarde, et Hervé Novelli, secrétaire d'Etat chargé des entreprises.


Quatre ministres ont signé ce décret, vendredi 21 décembre, qui doit paraître avant le 31 au Journal officiel. "C'est une grande victoire", se réjouit Georges Sarre (MRC), maire du 11e arrondissement de Paris. Celui-ci a vu, en quelques années, ses commerces de proximité disparaître au profit d'une monoactivité de textile. Sur les 800 commerces de cet arrondissement, plus de 600 sont des grossistes. "Cet outil nous permettra d'inverser la tendance au cours de la prochaine mandature", promet M. Sarre s'il est réélu.

Il aura donc fallu vingt-huit mois aux services de l'Etat pour fixer les règles d'application de cette loi. Des nombreuses chambres de commerce consultées, toutes se sont accordées pour assurer qu'il fallait mettre un frein à la liberté du commerce. Les maires pourront délimiter un périmètre de sauvegarde et tenter d'interdire qu'un commerce de bouche se transforme, par exemple, en boutique de vêtements. Ils ont deux mois pour préempter.

MISE EN OEUVRE COMPLIQUÉE

Pour autant, la mise en oeuvre de l'article 58 (qui a été validé par le Conseil d'Etat le 18 décembre) s'annonce compliquée. Une difficulté majeure touche les indemnisations : comment une commune peut-elle préempter, sans léser financièrement les commerçants ? Le décret permet au maire de saisir le juge de l'expropriation s'il estime que le prix proposé par le propriétaire est trop élevé. Le juge fixera le prix de façon "définitive". "Nous aurions préféré le droit de préférence à la préemption, assure le député et maire (PS) de Cestas (Gironde), Pierre Ducout. Nous souhaitions également que les municipalités acceptent le prix fixé par le bailleur. Il faut éviter d'aller devant le juge d'expropriation qui n'est pas compétent." Ce responsable de la commission urbanisme à l'Association des maires de France ne désire pas que les municipalités pèsent sur le marché.

Ce décret pose encore d'autres questions. Une ville est-elle vouée à gérer un parc de commerces ? Comment peut-elle contrer financièrement des enseignes internationales comme Zara ou H&M qui n'hésitent pas à débourser des dizaines de millions d'euros pour leur implantation ? Comme cela se passe aujourd'hui sur les Champs-Elysées à Paris.

Mustapha Kessous
Article paru dans l'édition du Monde du 28.12.07

Déçus par Noël, les commerçants espèrent se rattraper lors des soldes

A Noël, les Français ont eu tendance à se serrer la ceinture. Les magasins se raccrochent maintenant aux soldes pour écouler leurs stocks.

Les magasins comptent sur les soldes d'hiver pour écouler leurs stocks, après une saison de Noël difficile où les Français ont eu tendance à se serrer la ceinture. "On a fait une mauvaise fin de saison", déplore Lucien Odier, président de la Fédération des enseignes de l'habillement, qui regroupe des enseignes comme Zara, Celio ou La Halle. "Le marché est morose, les gens se sont réservés pour les soldes. Nous arriveront aux soldes avec des stocks plus importants que d'habitude", ajoute Lucien Odier. Les soldes démarrent le mercredi 9 janvier et devraient se dérouler jusqu'au 16 février.

Depuis quelques années, les commerçants, surtout ceux de l'habillement et de la chaussure, multiplient les opérations promotionnelles tout au long de l'année et "cassent les prix" dès le début des soldes, pour attirer un chaland moins prompt à dépenser. Les arbitrages du consommateur se font de plus en plus au profit des nouvelles charges (téléphones mobiles, internet, voyages), pendant que le poids des dépenses obligatoires (alimentation, immobilier, carburant) augmentent. Ainsi, certains magasins et sites internet consentent des rabais de 70-80% le premier jour des soldes, alors qu'auparavant ils attendaient la "deuxième", voire la "troisième démarque".

Cette fin d'année est d'autant plus difficile qu'elle a été chahutée par des grèves dans les transports en novembre. Les ventes d'articles d'habillement ont reculé de 3,5% en valeur en novembre par rapport à la même période un an plus tôt, et jusqu'à 6% chez les commerçants indépendants, selon l'Institut français de la mode. Dans les chaînes spécialisées, elles ont reculé de 3% et seuls les grands magasins ont résisté (+1%).

Les petits commerçants ont toutefois pu sauver la fin de saison grâce au coup de froid aux alentours de Noël, malgré une première quinzaine de décembre difficile. "Nous sommes agréablement surpris et allons finir l'année sur une hausse globale de 5%. Cependant, la tendance est inégale, puisque les gens ont offert beaucoup d'articles masculins, notamment des gros pulls, mais ont peu acheté de vêtements féminins", indique Charles Melcer, président de la Fédération nationale de l'habillement. La période des soldes d'hiver, trop proche de Noël, contribue toutefois à saper les ventes de fin d'année, regrette Charles Melcer.

De leur côté, les sites de ventes en ligne, souvent meilleur marché que les magasins physiques, ont continué d'avoir le vent en poupe en fin d'année. "On va dépasser les 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires annoncés pour les fêtes de fin d'année. Il y a eu plus de 20 millions de cyber-acheteurs au quatrième trimestre, notamment grâce à Noël", affirme Marc Lolivier, délégué général de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad). L'année dernière, les internautes avaient dépensé 2,5 milliards d'euros sur les sites internet marchands, en grande partie pour acheter des produits de haute technologie.

source : www.lexpansion.com

CDEC, CNEC ?

- 1. Les Commissions départementales d’équipement commercial (CDEC).

"Tout projet de création ou d’extension de magasins doit être soumis, préalablement à la délivrance du permis de construire, à la commission départementale d’équipement commercial compétente. Celle-ci est constituée de personnalités les plus directement concernées par les projets examinés.

Le nombre des membres de la CDEC est réduit de sept à six par suppression du quatrième élu local.

Elle se compose désormais :
- de trois élus locaux : . le maire de la commune d’implantation ; . le maire de la commune la plus peuplée de l’arrondissement d’implantation ou de l’agglomération multicommunale concernée lorsque cette agglomération est composée d’au moins cinq communes ; . le représentant de l’établissement public de coopération intercommunale ou, à défaut, le conseiller général ;

- de trois personnalités : . le président de la chambre de commerce et d’industrie ; . le président de la chambre de métiers ; . un représentant des associations de consommateurs du département dont le mandat est de trois ans.

L’augmentation du poids relatif des représentants des chambres consulaires dans la composition des CDEC est confortée par la nouvelle règle de majorité selon laquelle un projet ne peut être autorisé que par au moins quatre voix favorables.

Les conditions d’exercice du droit de recours devant la CNEC sont modifiées en conséquence. Celui-ci, notamment, est ouvert à deux membres au lieu de trois précédemment. Cependant, parmi ces requérants membres de la CDEC, doit figurer obligatoirement un élu local.

La procédure d’autorisation subit les autres aménagements suivants :

- le préfet, qui préside la CDEC sans prendre part au vote, informe la commission départementale sur le contenu du programme national de développement et de modernisation des activités commerciales et artisanales arrêté par le Gouvernement ;

- un représentant du service de l’État chargé de l’emploi dans le département participe, sans voix délibérative, aux séances.

Après un refus pour un motif de fond opposé par la CNEC, il ne peut être déposé une nouvelle demande par le même pétitionnaire, pour un même projet, sur le même terrain, pendant une période d’un an. Cette mesure est destinée à limiter les dépôts répétitifs d’une même demande.

Le sens du vote émis par chacun des membres est public.

Les membres de la CDEC sont assistés des représentants suivants des services de l’État :

- les services de la préfecture qui assurent le secrétariat de la commission ;

- le directeur départemental de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes qui instruit les dossiers et les rapporte devant la commission ;

- le directeur départemental du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle qui évalue l’impact éventuel du projet en termes d’emplois salariés et non salariés ;

- le directeur départemental de l’équipement qui formule un avis sur l’impact du projet au regard notamment de l’aménagement du territoire et de l’équilibre de l’agglomération.

La commission se prononce dans un délai de quatre mois à compter de l’enregistrement de la demande.

- 2. La Commission nationale d’équipement commercial (CNEC).

Les décisions d’autorisation ou de refus prises par les CDEC peuvent faire l’objet d’un recours hiérarchique devant la Commission nationale d’équipement commercial. Ce droit de recours est ouvert au demandeur lui-même, au préfet ou à deux membres de la CDEC dont l’un doit être un élu local.

La Commission nationale est une autorité collégiale indépendante qui exerce, en appel, le pouvoir de décision initialement dévolu par la loi d’orientation du commerce et de l’artisanat au ministre chargé du Commerce.

Lorsqu’elle statue sur des projets concernant des magasins de commerce de détail ou des équipements hôteliers, elle est composée de huit membres :

- un membre du Conseil d’État, Président ;
- un membre de la Cour des comptes ;
- un membre de l’Inspection générale des finances ;
- un membre du corps des inspecteurs généraux de l’Équipement ;
- quatre personnalités désignées pour leur compétence en matière de distribution, de consommation, d’aménagement du territoire ou d’emploi, à raison d’une par le président du Sénat, une par le président de l’Assemblée nationale, une par le ministre chargé du Commerce et une par le ministre chargé de l’Emploi.

Ses membres sont nommés par décret, pour une durée de six ans non renouvelable.

Un commissaire du Gouvernement rapporte les dossiers devant la commission et lui transmet les avis des ministres intéressés. La CNEC entend à leur demande le maire de la commune d’implantation, le demandeur et l’auteur du recours. Le secrétariat en est assuré par la Direction des Entreprises commerciales, artisanales et de service lorsque la commission statue sur des projets concernant des magasins de commerce de détail."

Toutes les décisions de la CNEC sont en ligne sur le site du Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et des Professions libérales, depuis l’année 1999 :

www.pme.gouv.fr

Commerce brestois : le ras-le-bol des élus consulaires

La Commission départementale d'équipement commercial menacée ? L'angoisse monte à la chambre de métiers et aux CCI.

« Ras le bol ! » Ce n'est qu'une formule parmi les mots de perplexité, et même de désespoir qui ont jailli lundi 10 décembre 2007 à la chambre de commerce de Quimper-Cornouaille, où Jean-François Garrec, président de cette chambre (et représentant des trois chambres départementales), Serge Lennon, président de la Commission départementale d'équipement commercial (CDEC) de la CCI, et Michel Guéguen président de la chambre de métiers, avaient décidé de faire le point.

À l'origine de cette exaspération, l'autorisation de création d'un rayon de parapharmacie au centre Leclerc de Pont-l'Abbé par la Commission nationale d'équipement commercial (refusée lors du vote de la commission départementale il y a près d'un mois). Pour la création d'une parfumerie, une seule voix, celle du maire de Pont-l'Abbé s'était manifestée pour. Qu'à cela ne tienne : la commission nationale (CNEC) a pris la position inverse. « Actuellement j'entends dire : votre avis on s'en fout, plus haut ça passera » commentait Jean-François Garrec.

La CDEC boycottée

« Je crois bien que l'avenir des CDEC est menacé » continuait pour sa part Michel Guéguen. Pas un sentiment diffus mais une crainte confirmée. Lors de l'assemblée générale de la commission permanente des chambres de métiers à Paris, Hervé Novelli secrétaire d'État au Commerce et aux Entreprises a fait en effet savoir que les CDEC étaient considérées au niveau de l'Europe comme un frein à la libre concurrence. De là à en déduire que la commission nationale est anti-départementale il n'y a qu'un pas : en un an, sur 24 demandes refusées, sept sont allées en CNEC et cinq ont eu son aval. De quoi se demander aussi si la Commission départementale d'équipement commercial, sert encore vraiment à quelque chose. « Mêmes si les artisans et commerçants libéraux de France restent encore les plus gros employeurs » s'insurge Michel Guéguen.

Pour les représentants de la chambre de commerce et de la chambre de métiers, une telle attitude prélude à la désertification des centres villes par les commerçants et artisans et ouvre tout grand la porte aux commerces franchisés et aux grandes surfaces, déjà pléthoriques en France. Ils se sont réunis hier soir en réunion préparatoire pour statuer sur les nouvelles demandes de création mais les représentants des trois CCI du Finistère et la chambre de métiers ne seront pas présents à la préfecture lors de la réunion mensuelle de la CDEC le 17 décembre. Le quorum exigé étant de cinq personnes (sur six), deux manqueront donc à l'appel. Lors de la prochaine réunion ce quorum n'est toutefois pas nécessaire. Reste à savoir si dans cette ambiance, il y aura une majorité pour une quelconque décision ?

Article paru dans Ouest-France.

Jean-Pierre Lauzier : Les quatre piliers de la réussite pour un commerce de détail

Exploitez-vous votre commerce de détail à son plein potentiel? Mises à part les grandes bannières et les franchises à succès qui ont développé une façon de faire qui contribue à maximiser leurs investissements, rares sont ceux qui optimisent le plein potentiel de leur commerce.

Depuis quelques années, le nombre de commerces de détail a augmenté de façon considérable et la compétition est de plus en plus féroce. Votre entreprise doit donc être des plus efficaces pour conserver et augmenter votre clientèle, et ainsi maintenir un haut niveau de profitabilité. Pour ce faire, vous devez maximiser votre efficacité sur chacun des quatre piliers de la réussite des commerces de détail. Voici ces différents piliers :


1. Commodité ou spécialité
2. Emplacement
3. Expérience client
4. Mise en marché

Laissez-moi vous donner une explication sur chacun de ces piliers.

1. Entreprise de commodité ou de spécialité? La stratégie d'une « entreprise de commodité » consiste à offrir les prix les plus bas sur le marché et à devenir le plus gros détaillant. Wal-Mart, Costco et Bureau en gros sont des exemples d'entreprises de commodité. La stratégie d'une « entreprise de spécialité » consiste à offrir au client une expertise pointue avec des produits exclusifs et très spécialisés. Par exemple, Lucien Laverdure Sport est un détaillant qui se spécialise dans les sports de raquettes à Montréal et il est reconnu comme étant une référence dans ce domaine.

Pour vous, laquelle de ces stratégies déployez-vous pour assurer votre réussite? Quelle que soit la décision que vous prenez sur l'orientation de votre entreprise, ce qui est important, c'est d'améliorer votre position de commodité ou de spécialité. Autrement dit, si vous optez pour une entreprise de commodité, vous devez toujours être à l'écoute pour capter de nouvelles façons de faire qui vont vous permettre de diminuer vos prix et vos frais de fonctionnement. Par contre, si vous décidez de développer une stratégie d'entreprise de spécialité, assurez-vous qu'à tous les jours, vous investissez de l'énergie afin d'augmenter votre niveau d'expertise autant dans votre service que dans vos produits.

2. L'emplacement. La visibilité d'un commerce de détail est un élément essentiel pour son succès. Quand quelqu'un passe devant votre commerce, vous n'avez qu'une seconde pour lui communiquer ce que vous faites pour l'aider. Alors quelle image laissez-vous dans leur tête? Si vous voulez savoir quelle est l'ampleur de votre visibilité, allez vous promener sur des rues environnantes et demandez aux passants s'ils connaissent, dans les environs, un commerce qui offre les produits que vous vendez. S'ils vous disent qu'ils n'en ont aucune idée, vous avez là une grosse lacune que vous devrez corriger au plus tôt.

Voici quelques suggestions visant à redresser un tel état de fait :

* ayez une enseigne plus explicite de vos produits et services;
* louez un costume original (mascotte) qui se promène devant votre commerce et qui est en relation avec ce que vous offrez;
* mettez des panneaux publicitaires sur le trottoir ou dans les environs,
* faites des dégustations ou des expositions à l'extérieur de votre commerce.

Bref, faites-vous voir au maximum autant par les automobilistes que par les piétons.

3. L'expérience client : À chaque fois qu'un client sort de votre commerce, est-ce qu'il dit « WOW » parce qu'il a été impressionné? Le client se souvient longtemps des émotions qu'il a vécues, si elles sont négatives ou neutres, elles perdureront et ne vous aideront certainement pas à attirer de la clientèle. Par contre, si vous lui faites vivre une expérience agréable et positive, soit en vertu de l'accueil chaleureux et sympathique de votre personnel, soit par une décoration de bon goût ou encore par la qualité de votre marchandise sur les tablettes, il reviendra et il se fera un plaisir d'en parler à d'autres. Votre meilleur vendeur est votre client actuel et pour qu'il parle de vous et de votre commerce de façon très enthousiaste, il est de votre devoir de découvrir des manières de lui faire vivre des expériences mémorables, et ce, chaque fois qu'il entre chez vous.

4. Vos activités de « mise en marché » pour attirer des clients. Dépendamment de votre type d'entreprise, il existe une multitude d'activités que vous pouvez faire - et ce ne sont pas nécessairement celles qui vous coûtent le plus cher - qui sont les plus efficaces. Par exemple, vous pouvez :

* vous faire connaître en écrivant des articles dans votre spécialité;
* faire paraître de la publicité pour annoncer un événement particulier;
* procéder à des envois postaux;
* participer à des activités dans votre communauté.

Une stratégie solide pour chacun de ces piliers fera de votre commerce de détail un endroit de plus en plus achalandé. Si vous n'avez pas assez de clients, il ne servira à rien de vous plaindre de l'économie ou des compétiteurs. Mettez-vous au travail afin d'améliorer davantage, et chaque jour, chacun de ces quatre piliers de votre réussite.

Bon succès

jeudi 27 décembre 2007

Le e-commerce pâtira de la loi Chatel

Marc Lolivier, délégué général de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad), a pointé jeudi 27 décembre les répercussions négatives qu'aura la loi Chatel sur le e-commerce. La fin des numéros surtaxés pour les hotlines et le remboursement de la livraison imposés par cette législation coûteront "plusieurs millions d'euros" aux cyber-marchands.

Projet de loi sur la consommation

Le Parlement a adopté le 20 décembre le projet de loi sur la consommation, dite Chatel, dont des amendements de dernière minute pour le secteur du commerce en ligne interdisant l'utilisation des numéros surtaxés pour le suivi des commandes et les demandes de rétractation. Par ailleurs, tous les frais de livraison seront désormais remboursés, lorsque le droit de rétractation est exercé.
"On nous sort du chapeau des amendements qui auront un impact extrêmement important pour notre secteur“, déplore Marc Lolivier. Nous avons été profondément choqués par le fait que ces amendements ont été adoptés sans concertation avec les professionnels".

Délocalisation ou automatisation des centres d'appel redoutées

Il estime que ces "mesures auront des conséquences économiques de plusieurs millions d'euros pour le secteur“. Et dénonce une autre conséquence: “la délocalisation ou l'automatisation des centres d'appel".
Le texte, intitulé "la concurrence au service des consommateurs", met en place des réformes dans le secteur bancaire, la grande distribution et les télécommunications. Les sénateurs y ont aussi ajouté un article visant à autoriser l'ouverture le dimanche des magasins d'ameublement.

La Fevad représente la majeure partie des sites marchands et des sociétés de vente à distance.

Paru sur Challenges.fr du 27 décembre 2007

mercredi 26 décembre 2007

La nouvelle indexation des loyers est plus favorable aux commerçants

Les représentants des propriétaires de locaux commerciaux et des commerçants ont signé, jeudi 20 décembre, un accord portant sur un nouveau mode de révision des loyers. Celui-ci prévoit qu'à compter du 15 janvier 2008, les loyers des 600 000 locaux commerciaux ne seront plus indexés sur l'indice du coût de la construction (ICC) mais sur un "indice des loyers commerciaux", composé à 50 % de l'indice des prix de la consommation, à 25 % de l'indice du coût de la construction et à 25 % de l'indice du chiffre d'affaires du commerce de détail en valeurs, tous trois publiés par l'Insee.


La vigueur de l'ICC pénalisait les commerçants qui ont vu, entre 2000 et 2006, leurs loyers bondir de 32 %, tandis que leur chiffre d'affaires ne progressait que de 18 %. "Ce nouvel indice reflétera mieux nos contraintes et notre activité sans léser les propriétaires", se félicite Jean-Luc Bret, président de Procos, une association qui réunit 210 enseignes spécialisées et qui avait été mandatée par 29 fédérations de commerçants pour discuter avec les bailleurs. Toutes ces fédérations - soit la quasi-totalité de la profession - ont, après six mois de négociations, approuvé à l'unanimité le projet d'accord qui leur était soumis.

Le nouveau mode de révision des loyers leur est, il est vrai, beaucoup plus favorable. Ainsi la valeur de l'lCC du deuxième trimestre 2006, qui a servi de référence à la révision des loyers en 2007, avait bondi de 7,05 %. Un an plus tard, il grimpe encore de 5,05 %, mais le nouveau calcul ramènera la progression des loyers à 2,70 %.

"500 MILLIONS D'ÉCONOMIES"

"Deux points de gagnés sur 25 milliards d'euros de loyers, c'est 500 millions d'économies qui pourront être restituées aux consommateurs", note Dorian Kelberg, délégué général de la Fédération des sociétés immobilières et foncières, qui a négocié l'accord aux côtés du Centre national des centres commerciaux et de l'Union nationale de la propriété immobilière, qui représente les petits propriétaires des 250 000 boutiques de centre-ville.

Le projet du gouvernement d'indexer les loyers d'habitation sur les prix à la consommation a manifestement encouragé les propriétaires de boutiques à conclure rapidement cet accord : ils préfèrent s'entendre avec leurs locataires plutôt que de se voir imposer un indice qu'ils n'auraient pas choisi.

Isabelle Rey-Lefebvre
Article paru dans l'édition du Monde du 26.12.07.

lundi 24 décembre 2007

L'opinion de Patrick Rey : rétablir enfin une vraie concurrence dans la distribution...

La commission Attali a mis en avant la nécessité d'une libéralisation du marché de la distribution, pour aboutir à une baisse des prix à la consommation. Enfin ! Les réformes votées en 1996, qui visaient à protéger le petit commerce et les fournisseurs, avaient amoindri la concurrence entre enseignes et fait monter les prix, réduisant d'autant le pouvoir d'achat. La loi Dutreil de 2005 a atténué les conséquences les plus néfastes de ces réglementations. Mais une libéralisation plus poussée de la distribution est indispensable pour rétablir les conditions d'une véritable concurrence, au-delà de la loi Chatel, votée la semaine dernière.

Retour en arrière pour comprendre le débat. En 1996, les hypermarchés ont mauvaise presse. Les fournisseurs se plaignent d'être étranglés par les centrales d'achats, les petits commerçants se sentent menacés par les prix « trop bas » de leurs concurrents. C'est le syndrome de « la baguette à 1 franc ». Pour rééquilibrer les forces, la loi Raffarin freine la création de nouvelles grandes surfaces. Elle impose une autorisation administrative pour l'ouverture de magasins de plus de 300 m2 (contre plus de 1.000 auparavant). La loi Galland durcit quant à elle l'interdiction de « vente à perte » : les distributeurs n'ont plus le droit de vendre leurs produits moins cher que les prix facturés par leurs fournisseurs, même si ces derniers leur accordent ensuite des remises de fin d'année et des « marges arrière » censées rémunérer des services spécifiques (promotion, mise en valeur des produits...).

Ces lois ont des conséquences immédiates, assez différentes de celles espérées par les législateurs : dans les deux mois qui suivent, les prix moyens des produits vendus en grande surface augmentent de 4 %. La négociation entre distributeurs et fournisseurs continue, mais elle ne porte plus que sur les rabais pratiqués après la facturation. Désormais, les enseignes vendent toutes aux prix affichés sur les factures, prix qui sont partout les mêmes. Autrement dit, la concurrence entre distributeurs n'existe plus. Symptomatique : en France, de 1997 à 2004, les produits alimentaires augmentent de trois points de plus que l'indice des prix, alors qu'ils diminuent sensiblement au cours de cette période dans des pays européens voisins (Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni).

Les entreprises de grande distribution ont donc bénéficié de la loi Galland, destinée au départ à les contraindre. Elles ont financé ainsi leur formidable développement à l'étranger au début des années 2000. Pendant ce temps, les fournisseurs les plus importants ont pu quasiment contrôler le prix de détail de leurs produits, même s'ils n'étaient pas en position de force pour négocier avec les enseignes. Le petit commerce, quant à lui, a souffert de voir les discounters se rapprocher des centres-villes, mais les prix élevés pratiqués dans les hypermarchés ont fait revenir vers eux une partie de leur clientèle. Les grands perdants ont été les consommateurs, qui se contentaient pourtant de pester contre le passage à l'euro, responsable désigné de la hausse des prix...

C'est à partir de 2004 seulement que cette dérive suscite des réactions critiques. A la demande du ministre de l'Economie, la commission Canivet rédige un rapport. Une réforme est proposée qui aboutit à la loi Dutreil entrée en vigueur début 2006. Dans les mois qui suivent, les prix recommencent à se différencier d'une enseigne à l'autre et, surtout, pour la première fois depuis des années, ils se mettent à diminuer. Les données rassemblées en juillet 2007 pour un premier bilan de la loi montrent que les prix des produits de marque, qui avaient subi une hausse particulièrement forte, diminuent de 3,2 % entre mai 2006 et 2007. Les ventes globales augmentent du fait de cette baisse des prix.

Faut-il aller plus loin ? La libéralisation est clairement favorable aux consommateurs et aux petits fournisseurs. Ils n'ont pas souffert de la loi Dutreil. Au contraire. Leur part des ventes a augmenté de trois points. Reste la question des petits commerçants. Mais, aujourd'hui, 15 % des supérettes seulement n'appartiennent pas à un réseau intégré ! Et ces indépendants peuvent certainement être aidés dans le cadre de la politique d'aménagement du territoire.

L'interdiction actuelle de la revente à perte doit donc être discutée. Son objectif affiché est d'empêcher les distributeurs de vendre à prix cassés pour ruiner leurs concurrents et s'assurer un monopole local, mais ce type de comportement est déjà interdit par le droit général de la concurrence. Si l'on conservait cette réglementation, dans tous les cas, il conviendrait de se référer aux prix réellement payés par les enseignes, tenant compte de l'ensemble des rabais obtenus des fournisseurs, ce que les spécialistes appellent le « triple net ».

La commission Attali propose d'aller au bout du processus et de supprimer l'ensemble des réglementations particulières qui encadrent et entravent les relations entre fournisseurs et distributeurs, afin de laisser jouer le marché. Cette proposition aurait, entre autres, l'avantage de limiter les coûts de contrôle de la distribution, actuellement importants du fait de la nécessité de vérifier le montant des marges arrière, la réalité des prestations correspondantes et... qu'aucun prix n'est trop bas !

PATRICK REY est directeur de l'Institut d'économie industrielle, professeur à l'Ecole d'économie de Toulouse (TSE) et à l'Ecole polytechnique. Article paru dans lesechos.fr

dimanche 23 décembre 2007

Commerce de proximité : l'initiative des commerçants de Lozère

Je retranscrits ici l'initiative des commerçants de Lozère, appuyés par la Chambre de commerce éponyme, et qui vise à redorer le blason du commerce de proximité en communicant de manière judicieuse : en phase avec les considérations que l'on doit avoir actuellement pour l'environnement.

C’est le message de la campagne de communication en faveur du commerce de proximité lancée par la Chambre de Commerce et d'Industrie. Un nouveau visuel avec un nouveau slogan pour accompagner au fil du temps les événements commerciaux majeurs de l’année.
Il pourra être décliné, dans le respect de sa charte graphique, sur différents supports lors de différentes manifestations commerciales. La première opération commerciale à l’utiliser sera les soldes d’hiver 2008.

Chaque commerçant pourra reprendre dans son magasin cette action de valorisation du commerce de proximité avec :

  • un autocollant « plus près on consomme mieux, signé les commerçants de Lozère » à apposer sur les vitrines des commerces ;
  • une affiche événementielle « soldes » déclinant ce visuel ;
  • des affichettes « produits coup de cœur » pour la mise en valeur de produits phares ;
  • des insertions dans la presse.

Chaque commerçant ou association de commerçants pourra utiliser ce vecteur de communication à des fins individuelles en le déclinant sur différents supports, dans le respect de sa charte graphique, pour garantir la cohérence et l’efficacité de cette action de promotion du commerce de proximité.

La Chambre de Commerce et d’Industrie le reprendra, au cours de l’année 2008, dans la presse.

« Plus près on consomme mieux ! C’est signé les commerçants DE LOZERE » veut véhiculer une image :

  • qui s’appuie sur une simplicité de lignes, donc efficace, facilement reconnaissable, même dans des formats divers, même très réduits ;
  • qui reprend le cachet « des commerçants de Lozère », qui explicite le message mais qui ressemble également à un label qualité. L’effet voulu est l’association d’idées : commerces lozériens égale qualité ;
  • qui symbolise le dynamisme des commerçants lozériens ;
  • qui choisit une couleur représentant traditionnellement la nature et la confiance liées à la Lozère et à son commerce. L’association de deux couleurs complémentaires vert anis et fuchsia garantit également un agencement dynamique et stimulant. Les couleurs du visuel pourront ponctuellement être adaptées en fonction du support ou de la manifestation représentée ;
  • qui affirme un slogan bref et percutant, facilement mémorisable. Dans la même idée, il a été réparti sur trois lignes à l’intérieur du visuel ce qui lui donne une « force » : « Près-consommer-mieux » ; une ligne allant de l’avant.
CCi de Lozère.

samedi 22 décembre 2007

L'égérie de Gordon Brown

En novembre 2007, le leader du Parti travailliste anglais Gordon Brown prononce un discours sur la liberté et la nécessité d'une nouvelle charte des droits fondamentaux. Il donne ses références : Voltaire, Orwell, Churchill et... Gertrude Himmelfarb.

Qui est cette dame ?

On dit parfois que l'on est jeune trotskiste, puis centriste dans la force de l'âge, pour finir vieux con à l'extrême droite. C'est une hypothèse que pourrait relever Gertrude, la reine des abeilles des intellectuels conservateurs américains, doublée d'une fan de l'équipe Bush. Elle pense carrément que depuis la libération des mœurs des années 60, l'Occident a sombré dans une grave décadence morale. Elle aspire a un retour aux valeurs victoriennes et préconise le rétablissement de la distinction entre pauvres méritants et pauvres indignes... Et pourtant, elle fut trotskiste à l'adolescence, membre de l'aile gauche du Parti démocrate à ma fin des années 40 avec son mari Irving Kristol, puis conservatrice dans les années 60. Elle a été influencée par Lord Acton, sur qui elle a préparé son doctorat : un historien victorien qui mélange allègrement libéralisme économique et catholicisme pieux.

Comme les chats ne font pas des chiens, son fils William est rédacteur en chef du très à droite Weekly Standard, propriété de Rupert Mudoch, et président du think tank néoconservateur Project for the new American Century. Cette historienne a rédigé des articles d'opinion pour The New York Times, et considère que depuis la fin de la seconde guerre mondiale le monde est passé du relativisme au nihilisme, de l'amoralité à l'immoralité, l'irrationalité à la folie, de la déviance sexuelle à la perversité sous toutes ses formes. Et c'est cette moralité sans complexe qui séduit Gordon Brown. Ce dernier a rédigé la préface de l'édition britannique du dernier livre de Hummelfab, The roads to Modernity : The British, French and American Enlightments. Ouvrage dans lequel elle critique le Siècle des Lumières, le décrivant comme une période de fascination pour la raison, une fascination enragée, aveugle, absolutiste et anticléricale.

Reagan a-t-il été un héros ?

Les républicains américains étaient jadis les chantres d'un endettement calculé. C'est-à-dire utilisé dans l'espoir d'en retirer des profits, histoire de gagner sa place au Paradis. A partir des années 80, ils ont dérapé tout schuss : interdiction de l'avortement, chasse aux homosexuels, et, surtout, guerre contre le communisme. La dette nationale est montée en flèche à près de 9 000 milliards de dollars. On nage dans des sommes inimaginables. Ronald Wilson Reagan est devenu le héros de l'Amérique parce qu'il a mis l'Union soviétique à genou.

Seulement il y a un hic.

Au coût de la guerre froide s'est ajoutés la déshérence de l'industrie américaine, à coups de transferts technologiques. Les Chinois collés à leurs appareils photos ne font plus rire les ricains. Le dollar, autrefois roi des devises, dévisse dans le concert de la mondialisation. Le rêve américain s'est effondré avec la chute du marxisme. L'un n'allait pas sans l'autre : le seul remède contre le communisme était le communisme lui-même. Reagan s'est battu contre une chimère au lieu de préparer l'avenir de sa nation. Il n'est donc plus le héros que l'on imagine.

Les ouvrages que je vais lire début 2008

Présentation par l'éditeur

Ce manuel original enseigne les techniques les plus efficaces pour écrire un thriller, c'est-à-dire toute histoire susceptible de faire frissonner les lecteurs. Il constitue un guide optimal dans le choix du thème de départ, et indispensable pour la phase de recherches et le classement des données, l'étude et la création des personnages, le développement de la trame, et enfin la révision de l'oeuvre complète.

Il montre également la façon d'éviter les erreurs les plus courantes, de dépasser les fameux "blocages de l'écrivain", et de trouver un agent ou un éditeur, disposé à couronner le résultat de tant d'efforts. Des informations sur le monde de l'édition et des plans concis, viennent s'ajouter à de judicieux conseils concernant la variété des contrats, en cas de publication.

Présentation de l'éditeur

Nos enfants font quotidiennement les frais de l'incapacité de l'Education nationale à préserver une flamme essentielle : le désir d'apprendre. Au collège, les programmes souvent pléthoriques, incohérents et incompréhensibles sont dénoncés depuis vingt ans, mais rien n'y fait : le " mammouth " ne bouge pas d'un cil. Les enseignants - quels que soient leur bonne volonté et leur professionnalisme - sont prisonniers des textes officiels. Les manuels scolaires sont le meilleur témoin de ce naufrage collectif. Obligés de coller aux programmes, ils en dévoilent toutes les absurdités et incohérences. Comment un triangle peut-il être mou ? Pourquoi un complément d'objet second peut-il être premier ? Pourquoi le mot " hypothèse " a-t-il trois définitions différentes en fonction des matières ? Les auteurs ont passé au crible les manuels scolaires et les programmes du collège en relevant l'absurdité, la complexité, les approximations qui vont accompagner nos enfants pendant toute leur scolarité. Un livre indispensable pour dénoncer le scandale qui, chaque année, met en jeu l'avenir de nos enfants, dans l'espoir que cela change.

Présentation de Yves Fraillont

Itinéraire d'une enfant gâtée par sa passion : le journalisme. Dans les entretiens qu'elle a accordés à la journaliste Martine de Rabaudy, Françoise Giroud se raconte, tout en nous retraçant cinquante années au service du journalisme, "là où bat le cœeur du monde", comme se plaît à le définir celle qui fut aussi ministre de Valéry Giscard d'Estaing de 1974 à 1977 (secrétaire d'État à la Condition féminine puis à la Culture).
Défile ainsi toute une galerie de portraits des pionniers du journalisme à la française : Pierre Lazareff et sa femme Hélène, respectivement à la tête du groupe France Soir et de Elle ; Jean-Jacques Servan-Schreiber, avec qui elle fonde L'Express en 1953. Apparaissent également les figures légendaires de ce fameux hebdomadaire : Mendès France, Malraux, Sartre, Camus, Mauriac...
Au-delà de son aspect biographique, c'est la méthode Giroud qui apparaît en filigrane de Profession journaliste : écrire court, de manière percutante, tout en catalysant les énergies créatrices autour d'un projet fort. Un regard certes nostalgique, mais sans complaisance sur un parcours professionnel et humain qui force le respect.

Présentation de l'éditeur

La guerre civile est une "passion" nationale. Véritable moteur de notre histoire et façon très particulière d'accomplir les "ruptures", elle s'opère autant dans le sang, les déchirures que les mises en scène de la refondation. Des jacqueries aux guerres de Religion, des Frondes politiques et sociales aux fractures de la révolution, des espérances foudroyées de 1848 ou de la Commune jusqu'à la renaissance de 1945, Jacques Marseille décrypte les enjeux de ces guerres civiles. Il nous fait ainsi comprendre celle qui, larvée, se déroule sous nos yeux et en apercevoir les probables issues. Nul doute que cette "leçon" magistrale d'histoire les y aidera.

Biographie de l'auteur

Historien, essayiste, professeur à la Sorbonne, Jacques Marseille est aussi éditorialiste au Point. Déjà parus en tempus, son Histoire de France, sa Guerre des deux France et Le Grand Gaspillage sont devenus des succès.

Présentation de l'éditeur

L'aventure avec un grand A et dans tous les sens du terme : glorieuse, désespérée, sordide ou ambitieuse. Spartacus, l'esclave révolté, qui brise ses chaînes et menace un instant Rome toute puissante, choisit de vivre dangereusement. Gilles de Rais, maréchal de France à vingt-cinq ans et compagnon de Jeanne d'Arc, perd sa vie sur l'échafaud. Stenka Razine, le cosaque révolté, est écartelé. Cependant, Jeanne de Clisson, qui par désespoir d'amour écume les mers avec une incroyable férocité et tient tête au roi Philippe VI de France, rend paisiblement son dernier soupir dans son lit, au même titre que le duc de Guise au royal château de Blois ou le brave Bussy d'Amboise dans un manoir angevin. Quant à la fidélité fanatique d'un Cadoudal, elle élève l'Aventure à ses plus hauts sommets tandis qu'elle sombre avec la Brinvilliers et Jeanne de La Motte-Valois. Les Aventuriers possèdent en leur cœur, peut-être plus que les autres mortels, la violence des passions humaines. Leurs fantômes, sobrement évoqués, malgré le sang et les larmes - ou peut-être à cause d'eux - émettent une bouleversante lumière que les siècles n'ont pas affaiblie et que Juliette Benzoni avec ses talents de conteuse sait si bien recréer.

Présentation de l'auteur

" Cet essai se propose de montrer comment, en fonction des pressions financières et politiques ou des modes du moment, les systèmes économiques et politiques cultivent leur propre version de la vérité. Un version qui n'entretient aucune relation nécessaire avec le réel ". J. K. Galbraith. Né en 1908, John Kenneth Galbraith est un économiste américain célèbre dans le monde entier. Il s'est attaché à décrire l'avenir des sociétés industrielles. On lui doit entre autres, Le capitalisme américain (1958) L'Ere de l'opulence (1961) et Le Nouvel Etat industriel.

vendredi 21 décembre 2007

Petrossian.fr : une nouvelle version plus orientée produits


Cybercommerçant de Caviar, saumon, foie gras et vodka depuis 2001, Petrossian a lancé pour les fêtes une nouvelle version de sa boutique en ligne. Objectif : amener en douceur l'internaute à l'achat.

Petrossian n'a pas peur de l'e-commerce. Le traiteur et épicier de luxe a lancé en novembre 2007 une nouvelle version de sa boutique en ligne. Alors que la plupart des marques de luxe ont longtemps été frileuses quant à la vente en ligne, Petrossian n'a pas hésité à investir ce canal de distribution dès 2001. "Notre site ne pouvait être que marchand, affirme le président du groupe, Armen Petrossian. Beaucoup d'acteurs du luxe se contentaient à l'époque d'ouvrir des vitrines, alors que le vrai luxe était justement de vendre des produits au lieu de les présenter."

Six ans plus tard, Petrossian.fr en est déjà à sa quatrième version et son propriétaire a eu le temps pour travailler son mode de navigation. Objectif : amener en douceur le visiteur à l'achat. Dans la précédente version, l'internaute arrivait directement sur une page descriptive avec mention du prix lorsqu'il cliquait sur un produit. "L'approche était trop commerciale et trop agressive", reconnaît Armen Petrossian.

Le traiteur a donc préféré mettre l'accent sur la présentation de sa gamme avant de mettre en avant les produits. Avant d'être redirigé sur une fiche descriptive, l'internaute pourra donc découvrir l'ensemble des produits proposés par la maison parisienne. Cette subtile nuance a un autre avantage : faire connaître l'ensemble des produits que vend le traiteur (foie gras truffé, saumon fumé, vodka, etc.). Car si elle est réputée pour son caviar, la maison Petrossian ne réalise que la moitié de son chiffre d'affaire grâce aux œufs d'esturgeon.

Le site, développé en interne, a également revu son ratio images/textes. Exit les textes jugés "trop longs" de la précédente version, les illustrations prennent désormais plus de place sur l'ensemble des pages de Petrossian.fr. La nouvelle architecture est également l'occasion pour le traiteur de se doter d'un programme de fidélisation online, adossé à une lettre d'information disposant de 15.000 inscrits. "Nous ne souhaitons pas traiter notre clientèle Web différemment de celle qui fréquente nos magasins. Cependant, nous récompenseront nos clients les plus fidèles par le biais d'offres spéciales adaptées", indique Armen Petrossian.

A côté des sept boutiques et la cinquantaine de corners que possède le groupe à travers le monde, les revenus générés par le e-commerce restent encore modestes. Pour l'instant, la part Web des ventes du groupe oscille entre 8 % et 10 % de son chiffre d'affaires global, qui approche en 2007 les 40 millions d'euros. La vente en ligne reste encore essentiellement portée par l'activité aux Etats-Unis, où le traiteur fut l'un des pionniers du luxe en ligne en ouvrant dès 1996 sa première e-boutique.

En France, l'activité Web est encore timide, concède Armen Petrossian. Le site Petrossian.fr, qui a reçu la visite de 28.000 visiteurs uniques en mars dernier, ne dispose pas d'un trafic suffisant pour être systématiquement pris en compte par Nielsen//Netratings. Reste que pour une niche d'hyperluxe, le trafic n'est pas l'élément le plus significatif pour apprécier le succès d'un site. Armen Petrossian assure en tout cas de son côté qu'en France "les ventes commencent à décoller."

Les acheteurs en ligne habituels sont majoritairement issus de la catégorie des CSP++. Le site francophone du groupe a cependant séduit une clientèle longtemps délaissée par le e-commerce, mais pourtant rompue à la vente à distance : des seniors, essentiellement provinciaux. "Il s'agit d'une clientèle qui a non seulement le temps, mais aussi suffisamment d'argent pour se montrer plus sélective et plus audacieuse dans ses choix culinaires", analyse le président de Petrossian.

Pour coller aux attentes de cette nouvelle clientèle, essentiellement provinciale, Armen Petrossian ne manque pas d'idées. Il prévoit notamment pour 2008 d'intégrer le système de paiement PayPal de eBay pour accroître la sécurité des transactions. D'ici deux à trois mois, le site devrait également proposer à ses visiteurs l'aide d'assistants virtuels pour les guider dans leur choix. Armen Petrossian lui-même devrait prêter son image pour l'occasion.

Benoît Meli dans le Journal du Net du 21 décembre 2007.
www.petrossian.fr

jeudi 20 décembre 2007

Les meilleurs fromages : en un clic et sur un plateau !

La boutique en ligne d’Isigny Sainte-Mère : www.la-boutique-isigny.com
Les meilleurs fromages : en un clic et sur un plateau !

À l’approche des fêtes, la coopérative Isigny Sainte-Mère ouvre sa boutique en ligne (www.la-boutique-isigny.com). Un choix de quatre plateaux de fromages est proposé aux internautes, et surtout la garantie de retrouver la qualité des produits d’Isigny, livrés du producteur au consommateur, en un clic !

Pour les fêtes, envie de faire plaisir ou de se faire plaisir avec un plateau de fromages ? Rien de plus simple avec la boutique en ligne Isigny Sainte-Mère ! Il suffit de faire son choix parmi les quatre proposés !

Les fromages sont livrés sur leur plateau à dégustation en osier accompagnés d’un couteau à fromage, dans un délai de trois / quatre jours, par Chronopost ou Colissimo, dans un conditionnement isotherme. Une idée simple et originale pour faire venir, du producteur au consommateur, une sélection des produits Isigny, prêts à consommer, affinés par les maîtres fromagers d'Isigny.

La boutique Isigny Sainte-Mère propose quatre plateaux gourmands sur son site www.la-boutique-isigny.com :

. Le classique Isigny, les fromages qui ont fait la réputation de la maison : un Camembert d’Isigny 250g, un Petit Pont l’Évêque AOC 220g, un Petit Camembert au Calvados 150g, une belle part (200g) de Mimolette vieille, et le Beurre d’Isigny AOC (25g) dans son beurrier de porcelaine.

. L’insolite Isigny, les deux classiques et leurs déclinaisons originales : Camembert d’Isigny 250g, Petit Pont l’Évêque AOC 220g, Camembert au Calvados 250g, Petit Pont au cidre et aux 5 baies 220g, Camembert au four 250g, Beurre d’Isigny AOC 25g dans son beurrier de porcelaine.

. La dégustation Isigny. La sélection beurre, crème, fromages : tout Isigny sur un plateau. Camembert d’Isigny 250g, Petit Pont l’Évêque AOC 220g, Beurre d’Isigny AOC baratte 250g, Crème Fraîche d’Isigny AOC 20cl, Mimolette vieille 200g.

. Les P’tits Plaisirs d’Isigny. Des fromages plus petits et plus doux : le plateau « P’tits plaisirs ». P’tit Camembert crémeux 150g, Pavé doux 175g, Carré crémeux 220g, Mimolette vieille 12 mois proposée en copeaux dans un pot « cocktail » 100g, Beurre d’Isigny AOC 25g dans son beurrier de porcelaine.

Le site http://www.la-boutique-isigny.com/ est ouvert depuis le 5 décembre 2007. Le prix d’un plateau de fromage se situe entre 22 et 30 euros (+ 10 euros environ de frais de port).


La Coopérative Isigny Sainte-Mère a ouvert son site Internet www.isigny-ste-mere.com en 2000. En 2006, le site a passé le cap des 50.000 visiteurs par an, soit une augmentation de la fréquentation de + 41% en 1 an entre 2005 et 2006.
En France, l’e-commerce connaît une forte croissance : de 1,4 milliards d’euros de Chiffre d’Affaires en 2001 à 12 milliards d’euros en 2006, avec 16 millions de cyberacheteurs, et de plus en plus de femmes… La coopérative d’Isigny fait le pari que ces cyberacheteurs (teuses) auront plaisir à commander leurs fromages - affinés à cœur à date de réception – en direct chez le producteur. À l’heure actuelle, cette proposition n’émanant souvent que de négociants…

Par

La grande distribution se rue sur nos centres-villes

Après avoir trusté les zones commerciales aux abords des villes, le commerce de proximité est le nouveau terrain de jeu des enseignes alimentaires. Toutes les enseignes se lancent : magasin U Express à Paris en 2008, Auchan Simply City boulevard de Batignolles. Carrefour va décliner les concepts Carrefour City et Carrefour Market, en supprimant progressivement la marque Champion.

Mais le grand inspirateur est Monoprix (filiale de Casino et Galeries Lafayette) qui réussit auprès des citadins pour qui le prix n’est pas le seul critère de choix.

Chez Monoprix, on est à contre-courant de la notion de pouvoir d’achat : selon Linéaires, les prix ont augmenté de 6,1% entre 2004 et 2007. Aujourd’hui, Monoprix est par exemple 15% plus cher que Leclerc. La carte de fidélité est symbolique : Capital a calculé que 3200 eurs d’achats donnent droit à 10 euros de cadeaux. Soit 0,3% alors que j’ai calculé qu’un programme de fidélité doit attribuer minimum 1% pour que les avantages soient tangibles pour le consommateur. Ceci explique que l’enseigne a l’une des plus fortes marges du secteur : 7,5%, le double de tous ses autres concurrents distributeurs alimentaires.

Avec une adaptation aux modes de vie des citadins et le lancement du concept Monop’ lancé en 2003 dans sa stratégie de produits alimentaires haut de gamme, Monoprix a réussi a devenir davantage une marque qu’une simple enseigne.

Article paru chez Andry

La mort du low-cost, c'est pour 2008

Les consommateurs se lassent du low-cost : c'est le résultat d'une étude menée par KPAM en France. Ils veulent retrouver le plaisir d'acheter et de consommer. L'année 2008 verra-t-elle la fin du «miracle Ryanair» qui a contaminé tous les secteurs ?

En 2005, la précédente étude de KPAM avait mis en exergue «la très forte poussée d'une consommation alternative au couple traditionnel de la consommation des Français, le couple marque/hypermarché». A cette époque, les consommateurs, sous pression économiquement, avaient fortement remis en question leurs habitudes de consommation.

Résultats : succès des propositions low-cost., poussée des circuits parallèles (ventesprivees.com, ebay, vide-greniers, etc.), développement de la culture du gratuit dans la société (et en particulier chez les jeunes), valorisation d'une attitude empreinte de discernement. Et, plus inquiétant pour les grands fabricants, le sentiment d'avoir été abusé par les marques.

En 2007, force est de constater que la tendance s'est fortement infléchie. «Cette poussée hors des circuits classiques vers les alternatifs est en passe de se tasser», indique ainsi l'étude de KPAM. Les raisons ? «La pression économique s'est un peu relâchée. De nouvelles habitudes de consommation sont prises. Les marques ont su s'adapter et donner ce parfum d'alternatif à leurs consommateurs (Ventes privées de SFR, les Aubaines de La Redoute, Self Discount d'Auchan, etc.). La motivation à abandonner une marque/un magasin pour une raison principale liée au prix est en forte régression (- 40 % par rapport à l'étude précédente).»

Les consommateurs veulent retrouver le plaisir d'acheter

En outre, «les mouvements du classique vers l'alternatif, qui se manifestaient par dizaines/centaines se sont raréfiés cette année. Plus de consommateurs avouent ne pas avoir même voulu abandonner une marque. Enfin, on assiste aux premiers retours des déçus du low-cost.» En effet, ainsi que le soulignait l'émission C dans l'air sur France 5 le 19 décembre dernier, les consommateurs se lassent doucement de devoir éplucher les sites Internet, comparer les offres, opter forcément pour la moins chère en sacrifiant le «plaisir de consommer».

«Les consommateurs ont fait beaucoup d'efforts depuis toutes ces années pour acheter moins cher, et le plaisir de consommer est un peu parti, confirme Laurent Kollen, expert en marketing et relations clients et fondateur de KPAM (cité dans l'émission). On est à la fin du cycle. Ils demandent beaucoup plus de plaisir, beaucoup plus de relation, de vraie attention. Et c'est pourquoi, au dernier point d'étude établi en 2007, nous nous sommes rendu compte que le mouvement de consommation alternatif, à son apogée, était en train de ralentir. Il est certes bien ancré, mais il ne progresse plus.»

Le hard discount stagne en France

Lorsqu'on parle de low-cost, on pense évidemment à Ryanair et aux compagnies aériennes à bas coûts. Pourtant, ce souci de prix bas traverse tous les secteurs. «Le luxe, la chirurgie, le voyage, les croisières, les locations de voitures, l'alimentaire, la grande distribution sectorielle, tous ces secteurs sont en train de découvrir qu'il y a une offre ou une possibilité d'offre low-cost, et qu'il y a des consommateurs pour cela, résume Jean-Paul Treguer, auteur de La Révolution low-cost. Il n'y a aucune raison d'exclure le moindre marché. Aujourd'hui vous avez des gens qui vendent des diamants low-cost, qui vendent de l'or low-cost, qui font de la chirurgie esthétique low-cost. Tout ceci fonctionne et est pertinent. La fonction sans les fioritures !»

Une infiltration de tous les secteurs qui n'empêche pas son essoufflement. «Après une progression impressionnante en France, le poids du hard discount alimentaire s'est ainsi stabilisé depuis deux ans autour de 13 % de part de marché», indique C dans l'air.

Vincent Degrez sur www.trends.be

mardi 18 décembre 2007

La justice enquête sur un trafic de sucre dans les vignobles du Beaujolais


Une enquête sur un trafic présumé de sucre destiné à la chaptalisation du vin pèse sur le Beaujolais, région viticole déjà entachée par la réputation d'avoir voulu privilégier la quantité par rapport à la qualité de ses produits.

Quatre personnes ont été interpelées, mardi 4 décembre, dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Villefranche-sur-Saône. Remises en liberté à l'issue de leur garde à vue, elles risquent des poursuites pour avoir participé au transport et à la revente d'importants stocks de sucre à destination de viticulteurs, en dehors de tout cadre légal. Selon leurs propres déclarations, plus de 600 tonnes de sucre ont été clandestinement acheminées entre 2004 et 2006 dans cette région viticole, qui compte 3 200 domaines, avec douze appellations, situées au nord du département du Rhône et en partie au sud de la Saône-et-Loire.


Un homme de 73 ans, ancien employé d'une société de matériel agricole, aurait utilisé sa connaissance de la région pour approvisionner, dès 1998, des viticulteurs. D'abord mené en camionnette, le trafic a pris de l'ampleur au fil des ans, avec des palettes entières convoyées en semi-remorques, à partir de 2002. L'organisateur présumé est entré en contact avec des hypermarchés. Mais les ventes s'effectuaient sans facture. Les magasins auraient dissimulé l'écoulement du sucre par de multiples faux achats en caisses. Les responsables de six Intermarché risquent ainsi des poursuites pour faux et complicité.

Le sucre parvenait à Quincié-en-Beaujolais, lieu de rendez-vous ou base de départ pour des livraisons dans des exploitations. L'enquête dirigée par la brigade des recherches de la gendarmerie de Villefranche et le groupe d'intervention régional Rhône-Alpes (GIR), situé à Lyon, doit désormais s'orienter, après les convoyeurs et les vendeurs, en direction des acheteurs, c'est-à-dire les viticulteurs. "Ce ne sont évidemment pas des criminels, mais s'il apparaît qu'ils ont bénéficié du trafic, ils n'échapperont pas au délit de fabrication frauduleuse de boisson", prévoit une source proche de l'enquête.

100 À 150 VITICULTEURS

La chaptalisation consiste à ajouter du sucre au moût du raisin, en début de fermentation, afin d'augmenter le degré d'alcool. Cette pratique est autorisée et encadrée, limitée à 17 grammes de sucre par litre pour augmenter d'un point le degré d'alcool. L'approvisionnement en sucre est en principe consigné sur un "cahier de sucrage". Une filière clandestine vise donc à tricher sur la qualité du vin. Pour certains enquêteurs, la quantité de sucre en cause pousse à se demander s'il existe même des productions non déclarées.

"On attend que la justice avance, nous condamnons fermement ce genre de pratiques, ces dérives compromettent les efforts que nous nous imposons pour aller vers plus d'authenticité, commente Bruno Matray, président de l'Union viticole du Beaujolais. La chaptalisation est une technique traditionnelle, présente dans tous les grands vignobles septentrionaux."

Les enquêteurs de la gendarmerie et du GIR disposent de deux carnets, saisis en perquisition, qui dévoilent une longue liste de coordonnées : 100 à 150 viticulteurs du Beaujolais risquent d'être inquiétés dans les semaines à venir.

Richard Schittly dans Le Monde du 18.12.07.

Ouvrir le dimanche, mais dans quel but ?

Le problème est de savoir dans quel(s) but(s) ouvrir les magasins le dimanche ?

Beaucoup pensent que cela relancera la consommation et donc la croissance. Cela est faux car la croissance précède la consommation et non l'inverse. C'est parce qu'il y a production et donc distribution de revenus que les individus peuvent consommer. Le raisonnement qui consiste à dire que la consommation stimule la croissance est présent dans beaucoup de discours économiques, mais il est faux car il confond la cause et la conséquence entre les différentes opérations économiques.


Cela étant, l'ouverture des magasins le dimanche entraînera mécaniquement une hausse de la production et des revenus mais à quel prix ? Depuis quelques années, les causes du chômage sont dévastatrices pour la société : détresse des individus, divorces, dislocation des familles... Ouvrir les magasins le dimanche obligera alors les individus à quitter leur famille pour aller au travail, ce qui contribuera inévitablement à la désintégration de la famille qui est déjà bien avancée.

Enfin, la résolution du problème économique de la France ne réside pas dans l'ouverture des magasins le dimanche mais dans l'arrêt des délocalisations, bien que là encore, beaucoup d'économistes ne soient pas convaincus du mal fait par ces dernières alors que pourtant, il suffit de regarder autours de soi pour constater que la France ne produit plus d'électronénager, de textile, de jouets... et bientôt de voitures et de services.

Pour information, les délocalisations sont dues au fait que les taux de change sont fixés de manière arbitraire par les grandes nations qui ont des monnaies sur-évaluées par rapport à celles des pays en développement. Il suffirait donc de rétablir la parité des pouvoirs d'achat et nos entreprises n'auraient plus intérêt à aller produire à des milliers de kilomètres des biens qu'elles rapatrient (entraînant au passage des gaspillages d'énergie et une polution énormes) ensuite pour leur écoulement. Notons que l'arrêt des délocalisations stoppera du même coup le pillage des pays en développement car pour résumer la situation, actuellement, les travailleurs des pays en développement ne travaillent pas pour eux mais pour satisfaire les besoins des pays développés, et quand ils doivent racheter sur le marché international les biens (que pourtant ils ont produits), du fait des taux de change, ils les payent 10 fois plus chers. Ce qui signifient en clair que la sous-évaluation de leurs monnaies les obligent à travailler 10 fois plus pour préserver leur pouvoir d'achat.

En résumé, l'ouverture des magasins le dimanche accélèrera la désintégration de la famille, améliorera les profits des entreprises et donc les dividendes des actionnaires, sans résoudre le problème de fond qui reste le chômage de masse résultant des délocalisations.

Jacques Viléo dans Le Monde du 18 décembre 2007.

Le choix n'est pas du tout donné aux salariés pour le sacrifice dominical

Je travaille dans le commerce, plus précisément dans une jardinerie qui, depuis sa création en 1999, ouvre 361 jours sur 365. C'est-à-dire tous les dimanches et tous les jours fériés, sauf Noël, le Nouvel An et le 15 août. Le personnel est obligé de travailler ces jours-là. Mon entreprise n'est pas dans l'illégalité, puisque notre convention collective le permet...

Je travaille dans cette entreprise depuis six ans, je gagne à peine plus que le smic. C'est mon premier travail, alors au début on n'est pas trop regardant, puis les années passent et on se rend compte que l'on vit dans un monde à part, car finalement je n'ai qu'un jour toutes les deux semaines où je suis en congé en même temps que tout le monde. De ce fait je vois mes amis de moins en moins souvent.

Jusqu'alors, je me disais qu'un jour je changerai de type de commerce pour avoir une vie beaucoup plus cohérente. Mais voilà, le gouvernement actuel a décidé, sous couvert de pouvoir d'achat, d'autoriser l'ouverture des grandes surfaces le dimanche. Il prétend que les personnels et la clientèle seraient pour... Honnêtement, que des gens soient contents de travailler le dimanche pour gagner double, voire même triple sur le mois de décembre, je ne le conteste pas. Par contre, il faut savoir, contrairement à une idée reçue, que le choix n'est pas du tout donné aux salariés pour le sacrifice dominical, en effet tout un système de pressions est mis en place pour dissuader les contrevenants...

Si ces ouvertures dominicales se généralisent sur toute l'année, ce seront des millions de salariés, en majorité des femmes, qui ne verront que très peu leurs enfants. Espérons seulement que l'on aura la décence de ne pas leur reprocher, un jour, l'éducation défaillante, si ceux-là tournent mal...

Concernant la clientèle, il est vrai que pour beaucoup de gens, faire les courses le dimanche se révèle très pratique, mais je pense que l'ouverture sur six jours, jusqu'à 22 heures, permet à tout le monde de pouvoir effectuer ses achats.

Présentement, les grandes surfaces sont en pleine opération de lobbying à coup de bons d'achats valables uniquement le dimanche, pour prouver que les gens ont besoin de consommer ces jours-là...

Et alors, soyez-en sûr, une fois que les magasins ouvriront tous les dimanches, ce sera au tour des jours fériés d'être sacrifiés.

Un des gros problèmes liés à cette loi est la mise en danger du commerce de proximité, qui n'est pour le moment pas touché par ce texte, et qui de toute façon n'a pas les moyens de payer ses salariés en conséquence.

Voilà, je voulais simplement que vous ayez l'avis de quelqu'un concerné par ce projet car aujourd'hui tout le monde parle à notre place, à commencer par notre "cher président".


Christophe dans Le Monde du 18 décembre 2007.

vendredi 14 décembre 2007

Les libraires répondent aux clients d'Amazon

Deux jours après sa victoire contre Amazon (lire Livraison gratuite : Amazon condamné à 100.000 euros, du 12/12/07), le syndicat des libraires français (SLF) a voulu expliquer son action aux clients d'Amazon. Le 24 novembre, le cybermarchand avait en effet invité ses clients par e-mail à faire connaître aux libraires du SLF leur attachement aux frais de port gratuits. Le Syndicat leur a répondu jeudi 13 décembre en envoyant quelque 6.000 messages. Il dénonce d'abord le procédé "discutable" d'Amazon de faire appel à ses clients, avant d'affirmer notamment que le cybermarchand "vise l'éviction des autres acteurs du marché du livre, en ligne ou physique, la gratuité empêchant tout modèle économique viable". Et le SLF d'évoquer des "appétits incompatibles avec une culture ouverte à tous" et de poser la question : "pourquoi Amazon ne propose-t-elle pas la gratuité du port sur les autres produits culturels comme le disque ?"

Dans le Journal du Net du 14 décembre 2007.

jeudi 13 décembre 2007

Pas de villes sans commerces, par Michel Pazoumian

La commission Attali vient de relancer - et avec quelle vigueur ! - le débat sur la consommation et le commerce. Les objectifs : libérer la croissance et renforcer le pouvoir d'achat. Les moyens : suppression des marges arrière dans la grande distribution, libération de mètres carrés commerciaux, ouverture du dimanche.


Ce qui frappe dans tous ces discours, c'est une absence : celle de la ville, où pourtant la plus grande partie d'entre nous vit et travaille. Et l'évocation de futuristes "Ecopolis" ne suffira pas à nous rassurer. Or, repenser le commerce sans observer la ville d'aujourd'hui ni imaginer celle de demain, c'est courir à l'échec.

Pour les consommateurs comme pour l'avenir des villes, il faut un équilibre entre "les" commerces : grandes surfaces en périphérie des villes, petites et moyennes surfaces en centre-ville et commerces de quartier pour les besoins quotidiens. L'oublier serait dangereux pour l'emploi, la croissance et le cadre de vie.

Considérons sous cet angle l'ouverture du dimanche. Le pouvoir d'achat n'étant pas extensible, une grande part des dépenses potentielles du dimanche proviendra de reports des dépenses de la semaine. Le chiffre d'affaires global restera donc le même, mais avec des dépenses salariales supplémentaires, et donc une réduction des bénéfices pour les commerçants de quartier. La grande distribution succursaliste, elle, peut absorber ces frais.

Conclusion : la généralisation de l'ouverture le dimanche conduirait à une guerre de parts de marché entre grands distributeurs situés en périphérie et à une baisse des rendements et des marges des commerces de centre-ville. Pour résister, ceux-ci augmenteront les prix et, la concurrence étant forte, seuls certains résisteront, au détriment de la diversité à laquelle les consommateurs sont attachés.

Bilan : moins de concurrence, moins d'emplois... donc moins de pouvoir d'achat ! Si tout le monde s'accorde pour réformer la loi actuelle, tenir compte du contexte particulier des grandes surfaces d'ameublement et des zones touristiques, il faut veiller à maintenir la concurrence des lieux de consommation dans la ville.

Venons-en à la libération des mètres carrés, à la réforme d'une loi Raffarin désormais passée de mode. Qu'on ne vienne pas dire que cette loi cadenasse le développement commercial et la croissance ! La France est le pays d'Europe où l'on recense le plus grand nombre de mètres carrés et de projets commerciaux ; les projets de parcs d'activités commerciales ont explosé de près de 50 % depuis 2002 ! 3,2 millions de mètres carrés ont été autorisés en 2006...

Cette loi de 1996, après deux décennies de développement commercial en grande périphérie des villes au détriment du commerce de centre-ville, visait à rééquilibrer la situation. Objectif atteint : de nombreuses PME commerciales ont réinvesti le centre des villes moyennes et grandes, les promoteurs de centres commerciaux se sont massivement intéressés à des projets de centre-ville, offrant ainsi de nouvelles surfaces pour ces PME.

Le succès récent de nombreux projets de centre-ville (place d'Armes à Valenciennes, les Allées provençales à Aix...) renforce les rues commerçantes, au profit des consommateurs. Il se fonde sur les efforts d'aménagement urbain entrepris par les maires : parkings de centre-ville, tramways, aménagements des rues et places, construction de logements modernes en ville... Le développement du commerce, de la croissance et de l'emploi se fait "avec" la ville, pas "sans" ni "contre".

Mais ces équilibres sont fragiles. Abroger purement et simplement la loi Raffarin accélérerait le retour au déséquilibre antérieur. Certes, des évolutions sont souhaitables dans les processus d'autorisation des mètres carrés commerciaux. Mais, à l'heure du Grenelle de l'environnement, allons-nous privilégier l'étalement urbain, les déplacements automobiles et le commerce périphérique, ou allons-nous construire une ville équilibrée, avec ses extensions nécessaires, privilégiant déplacements de proximité et transports en commun urbains modernes ? Repenser le commerce, c'est s'interroger sur la ville que nous voulons léguer à nos enfants.


Michel Pazoumian est délégué général de la Fédération pour l'urbanisme et le développement du commerce spécialisé.
Article paru dans l'édition du Monde du 14 décembre 2007

Portrait du consommateur en 2015


Décryptage des 5 comportements clés du consommateur de demain : un être infra individuel, fragmenté, relié et collaboratif réalisé en exclusivité par Pagesjaunes et le Crédoc

Quelles grandes tendances comportementales de consommation et de recherche d’informations émergeront demain ? Et à quels changements les marques doivent-elles se préparer dans la relation consommateurs-entreprises ?

Autant de questions stratégiques pour les marques auxquelles répond l’Observatoire des tendances de communication et consommation en multicanal de PagesJaunes : www.on-off-mobile.com. En effet, PagesJaunes a mené en exclusivité avec le CRÉDOC - Centre de Recherche pour l'Étude et l'Observation des Conditions de Vie - une étude qualitative, intitulée « Tendances de consommation et de recherche d'informations à l’horizon 2015 », visant à mieux comprendre l’évolution des comportements des consommateurs français en 2015.

Un consommateur à géométrie multiple : 5 comportements clés à anticiper

Le développement des nouvelles technologies et l’évolution de la société modifient considérablement le profil du consommateur : il n’est plus un, mais multiple, c’est-à-dire fragmenté en plusieurs consommateurs selon les différents moments de sa vie et occasions de consommation. "Les entreprises sont confrontées à un consommateur infra-individuel : c’est un individu multiple, fragmenté et en réseau qui garde le lien avec sa ‘toile’ via les nouvelles technologies, comme le téléphone mobile, Internet et les sites communautaires. Les marques devront développer des démarches plus partenariales vis-à-vis de lui, et avant tout, le connaître en finesse dans ses nouveaux modes de fonctionnement", commente Raphaël Berger, responsable adjoint du département Consommation au CRÉDOC.

Cinq comportements caractérisent cet être infra individuel :

  • La recherche d’une offre personnalisée : à la recherche d’une offre qui corresponde parfaitement à ses attentes, le consommateur prend les devants en devenant acteur de sa vie commerciale. Il considère alors la marque comme un partenaire et celle-ci essaie en retour de concevoir le produit sur mesure. Cette co-production entre les marques et les consommateurs met en exergue l’ère de l’égo-casting où règne l’ultra-personnalisation de l’offre.
  • L’attente d’une réponse globale à une question générale : le client cherche une solution, pas un produit. D’où sa préférence pour des réponses « combinées » associant des produits et des services appartenant à des univers différents.
  • Le besoin de résilience des individus : le consommateur est à la recherche de solutions qui lui permettent de rebondir et d’organiser au mieux sa vie. En effet, sur un fond social de peur, précarité, instabilité, etc., l’infra individu pressent qu’il doit se donner les moyens de réagir face aux bouleversements futurs et probables auxquels il sera confronté et qu’il ne maîtrise pas encore.
  • L’usage croissant des nouvelles technologies de la communication en réponse à un besoin de reliance : le consommateur est entré dans l’hyper-connexion qui l’autorise à se démultiplier, d’un réseau à l’autre, pour se divertir, s’informer, rencontrer, acheter, dénoncer, etc. C’est un mouvement vers des groupes d’affinités sociales ou comportementales qui répond au besoin de plus en plus essentiel de liens sociaux. Le consommateur sait de mieux en mieux réguler ses présences virtuelles dans ces communautés et « surfer » des unes aux autres.
  • L’appartenance à une communauté : le consommateur a conscience de sa solitude et de sa fragilité. Il est de moins en moins inséré dans des groupes qui le cadraient auparavant (famille, corps social, parti politique). Dès lors, il se tourne vers ses pairs, pour les épauler ou leur demander du soutien, des conseils et des « trucs » pour mieux gérer sa vie quotidienne. Un nouveau consommateur apparaît : individualiste et grégaire.

Conséquences pour les annonceurs : de nouvelles strategies commerciales à concevoir

Pour garantir leur pérennité sur des marchés très concurrentiels où le client est de plus en plus difficile à séduire et à fidéliser, les marques gagneront à intégrer ces évolutions comportementales dans leurs stratégies commerciales. De grandes tendances sont d’ores et déjà pressenties :

  • Garantir l’homogénéité du niveau de service, de qualité d’accueil, de diagnostic et de conseil sur toutes les plateformes où la marque est présente (en magasin, sur Internet, etc.).
  • Mettre en place des organisations créatives et souples, capables d’identifier ce que le client veut réellement.
  • Fluidifier la relation d’achat afin de générer confort et réassurance.
  • Rester vigilant en ce qui concerne chaque échange avec le client, compte tenu de son pouvoir d’influence sur les autres via les réseaux (Internet, etc.).
  • Accompagner le besoin des individus de se regrouper en s’invitant avec subtilité, humilité et intelligence dans leurs communautés.

on-off-mobile.com : pour tout savoir sur le multicanal avec pagesjaunes

Lancé en juin 2007 par PagesJaunes, www.on-off-mobile.com est l’Observatoire des tendances de communication et consommation en multicanal. Un site précurseur destiné aux professionnels de la communication et du marketing, qui a la particularité de porter un regard à 360° sur le multicanal en croisant les points de vue des annonceurs, des consommateurs et des experts sur le thème du multicanal, via :

Le décryptage des tendances de communication : sous l’éclairage d’experts, un voyage exploratoire au côté des marques qui osent et expérimentent de nouveaux modes de communication (rubrique « Tendances de communication »).

Le partage de témoignages : interviews de directeurs communication/marketing/réseaux de tous secteurs qui s’expriment sur le multicanal en général et sur l’expérience qu’ils en font en particulier (rubrique « Témoignages de marques »).

• L’analyse des comportements de consommateurs : approche sociologique sur la manière dont la communication multicanal impacte le comportements des consommateurs (rubrique « Comportements de consommateurs »).

« En tant que 1er média multicanal en France (68 millions de visites online par mois, 90% des Français touchés en offline et 10 millions de visites sur mobile.pagesjaunes.fr), PagesJaunes est au cœur des nouveaux comportements de consommateurs et des stratégies de communication de proximité déployées par les marques. Nous avons donc souhaité partager notre expertise sur le multicanal - enjeu clé des professionnels de la marque - grâce à notre observatoire on-off-mobile.com qui offre un panorama inédit de la communication et consommation online (Internet), offline (médias traditionnels) et sur mobile », explique Eric Langlois, directeur de la Direction Conseil Média de PagesJaunes.

Retour sur le rapport Attali

844360acdc80fc6935568c7dbd384d29.jpgQuelles que soient leurs opinions politiques, les conseillers spéciaux de nos princes seraient parfois bien inspirés de ne pas se mêler d’économie. C’est le sentiment que me laisse le Rapport sur la Croissance rendu par Jacques Attali à Nicolas Sarkozy. Citons de larges extraits pour montrer l’ampleur des dégâts formés par une analyse à mon avis partiale.

- Etablissant un constat d'échec des lois Galland, Royer et Raffarin sur les prix, la création d'emplois et la protection du petit commerce, le rapport d'étape estime qu'"une abrogation de ces lois serait positive pour la croissance".

- Cette abrogation "pourrait conduire à une diminution consolidée des prix à la consommation de plusieurs points de pourcentage, à la création de plusieurs centaines de milliers d'emplois dans le secteur du commerce de détail et de l'hôtellerie-restauration, mais aussi dans l'industrie, et à une hausse du PIB de plusieurs dizaines de points de pourcentage".

- "Restaurer la liberté tarifaire dans la distribution et le commerce de détail": "lever l'interdiction de revente à perte" et "instaurer la liberté des négociations commerciales entre distributeurs et fabricants".

- "Instaurer la libre entrée dans le commerce de détail et l'hôtellerie".

- "Dynamiser massivement le commerce de détail" fragilisé par la concurrence, surtout en zone rurale.

- "Appuyer fortement les fournisseurs indépendants", "particulièrement touchés par les pratiques commerciales des grandes enseignes": "obliger le paiement à date pour les grands distributeurs à l'égard des PME", "créer au niveau régional une instance arbitrale entre les distributeurs et les fournisseurs indépendants", "obliger les enseignes de grande distribution à publier dans leur rapport annuel la part de leurs achats provenant de fournisseurs indépendants".

- "Mieux contrôler les positions dominantes locales dans la distribution".

Je considère partial ce rapport d’étape car il admet de façon implicite l’inéluctabilité de la formation de grands groupes de distribution. Libérer la concurrence est tout d’abord un leurre : il n’y a plus qu’une poignée de centrales d’achat en France et, dès que le législateur aura tourné le dos, elles s’entendront sur celui du consommateur pour pratiquer les niveaux de prix qu’elles auront décidés. Je suis libéral et, si mes souvenirs sont bons, il me semble que seule l’atomisation de l’offre permet une véritable concurrence. De la même façon, obliger les enseignes à publier la part de leurs achats provenant de fournisseurs indépendants (sic !), n’empêchera pas les premières d’imposer aux second leur hégémonie. Jacques Attali semble véritablement méconnaître les réalité de ce secteur économique.

En marge de ce débat, le rapport n’aborde pas la vassalisation des petits commerçants dits indépendants à un système qui a été bien imaginé par ces mêmes centrales d’achat. Pour la plupart des produits, les commerçants indépendants ne peuvent plus acheter directement aux industriels puisque ceux-ci se sont vus imposer des contrats exclusifs d’approvisionnement. Ils sont donc plus où moins obligés de s’affilier aux grands groupes de distribution et, sous le prétexte jamais démontré d’une logistique plus lourde, se voient imposer un tarifaire qui ne leur permet pas de rivaliser avec les grandes enseignes. Les petits commerçants financent la guerre des hypermarchés. Il y a là un point qu’il faudra bien, un jour ou l’autre mettre sur la table si l’on ne veut pas voir disparaître le commerce de proximité, véritable lien social dans nos villages et nos quartiers. Si quelque lecteur a déjà vu un homme politique s’emparer de ce problème particulier, qu’il soit remercié de me communiquer des noms !

Liste non exhaustive d'articles portants sur le rapport Attali.

mercredi 12 décembre 2007

Livraison gratuite : Amazon condamné à 100.000 euros

Après Alapage, c'est au tour d'Amazon d'être condamné pour la gratuité de livraison sur les livres. Le plus gros vendeur en ligne devra dédommager le Syndicat des libraires français.

Nouvelle défaite pour les libraires en ligne. Après Alapage, c'est au tour d'Amazon France de perdre un procès intenté par le Syndicat de la librairie française (SLF), représentant quelque 520 libraires traditionnels. Le tribunal de grande instance (TGI) de Versailles a, ce mardi, jugé illégale la gratuité des frais de livraison des livres aux clients d'Amazon. La société devra payer 100.000 euros de dommages et intérêts ainsi qu'une astreinte de 1.000 euros par jour à partir d'un délai de dix jours.

Avec le précédent Alapage, le libraire en ligne pouvait donc s'attendre à une décision défavorable. Le week-end précédant la décision du tribunal - finalement reportée deux fois, il a informé ses clients de la tenue du procès, affirmant que leur "droit à la livraison gratuite est menacé". Des acheteurs, qui de cette manière étaient invités à faire part aux libraires du SLF de leur attachement à la livraison gratuite. Quelque 12.000 clients l'auraient fait, sans influer visiblement sur la décision des juges.

"Nous sommes surpris de cette décision, explique cependant Xavier Garambois, directeur général d'Amazon France, parce que tout ce que nous faisons pour le livre, notamment l'accès à un très large fond de catalogue et, justement, l'accès aux livres pour le plus grand nombre via ces frais de ports gratuits, vont dans le sens de la Loi Lang."

Cette loi d'août 1981, qui fixe un prix du livre unique quel que soit le distributeur (avec 5 % de rabais autorisé), est en effet au centre de la bataille juridique. Le syndicat des libraires l'invoque pour justifier son action. Comme les deux décisions condamnant Alapage, celle du TGI de Versailles s'y réfère également, assimilant la livraison gratuite à de la vente à prime interdite par cette loi [vente "donnant droit à titre gratuit à une prime consistant en produits, biens ou services", Ndlr]. Le tribunal considère que la livraison franco de port "génère une vente à perte pour les ouvrages à prix modeste et une concurrence déloyale".

Présent en France depuis août 2000, Amazon a débuté la livraison gratuite de livres en 2002, mais pour des commandes supérieures à 20 euros. Malgré l'assignation par le SLF en janvier 2004, le libraire en ligne supprime cette limite en février 2006.

Amazon et Alapage ne sont pas les seuls à pratiquer la livraison gratuite. La Fnac ainsi que Chapitre.com ont également adopté cette politique commerciale. Alors pourquoi ne pas les poursuivre également ? "Amazon est le plus grand des libraires en ligne et c'est lui le fauteur de trouble", assure Benoît Bougerol, le président du SLF. Ce qui justifierait des demandes de dommages et intérêts beaucoup plus conséquentes. Par ailleurs, le site de la Fnac n'offre les frais de port que depuis avril et Chapitre depuis la fin septembre 2007 pour la livraison standard.

Pour le président du SLF, les autres libraires en ligne ont dû s'aligner sur Amazon et seraient même prêts à abandonner la livraison gratuite synonyme de vente à perte. Y compris Alapage qui a pourtant fait appel et s'est pourvu en cassation tout en continuant la gratuité. Le choix d'Amazon de faire appel ou non pourrait donc être décisif. "Nous étudions toutes les possibilités que nous offre la loi", déclare, lapidaire, Xavier Garambois. Un autre libraire en ligne pense de son côté que des discussions interprofessionnelles devraient maintenant avoir lieu pour constituer de "bonnes pratiques".

Des pratiques qui pourraient un jour concerner également les libraires du SLF. Depuis plusieurs mois en effet, l'idée de se lancer à leur tour dans le e-commerce prend de l'importance (lire Les libraires indépendants préparent leur portail de vente en ligne, du 21/03/07). Interrogé sur un lien éventuel avec les récentes actions en justice, son président assure que celles-ci sont antérieures aux réflexions sur le e-commerce. Ironiquement, une des solutions qui s'offre au SLF serait de devenir partenaire des grands libraires en ligne en utilisant en marque blanche leurs plates-formes.

Baptiste Rubat du Merac dans le Journal du Net du 12 décembre 2007

mardi 11 décembre 2007

Ouvrir le dimanche, un plus pour l'économie ? - Mathieu Plane, OFCE : NON


Le gouvernement envisage l'ouverture dominicale des commerces de détail. La dernière étude portant sur les conséquences économiques d'une telle mesure a été réalisée pour le Conseil économique et social en 1993.

Le gouvernement envisage d'autoriser l'ouverture dominicale des commerces de détail. Selon vous, cette mesure doperait-elle l'économie ?

Non. A court terme, la généralisation de l'ouverture des magasins le dimanche détruira de l'emploi, et aura un effet nul, voire négatif sur la croissance. A plus long terme, on pourrait observer un effet légèrement positif sur la croissance mais un effet nul pour l'emploi.

Pourquoi êtes-vous si pessimiste ?

La consommation des ménages dépend de leur revenu. Ouvrir le dimanche ne changera rien à la consommation parce qu'il n'y aura pas de surplus de revenu. Cela ne modifiera pas non plus les comportements d'épargne : sans augmentation des revenus, vous consommez la même quantité, éventuellement en différant vos achats à un autre jour.

Moins stressés qu'en semaine, certains consommateurs ne pourraient-ils pas craquer plus facilement, le dimanche, sur un achat non prévu ?

L'achat d'impulsion pourrait être favorisé. Mais ces dépenses se substitueront à d'autres qui, elles, étaient prévues : une sortie, un dîner au restaurant, etc. On constate ce phénomène avec l'e-commerce, qui a gagné des parts de marché sur le commerce traditionnel, mais sans modifier le comportement d'épargne des ménages, alors que l'e-commerce est accessible vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept.

Pour ouvrir le dimanche, les commerces vont devoir recruter...

En réalité, les grandes surfaces, dotées d'effectifs nombreux, pourront plus facilement fonctionner le dimanche, grâce à la rotation de leur personnel, que les petits commerces qui ont peu de salariés. Ces derniers n'ouvriront donc pas ce jour-là. Comme la consommation n'augmentera pas mais qu'en revanche cette ouverture provoquera un surcoût notamment salarial, celui-ci devra être compensé par une hausse du chiffre d'affaires. Ce qui obligera les grandes surfaces à gagner des parts de marché sur le petit commerce. Résultat : dans les grandes surfaces, la hausse du chiffre d'affaires va permettre de créer des emplois, mais en détruira chez les petits commerçants. La productivité y étant deux fois plus faible que dans les grandes surfaces, on observera plus de destructions d'emplois que de créations. Soit, au final, une diminution nette d'emplois, à court terme.

Pourquoi pensez-vous qu'à plus long terme, ce sera moins négatif ?

Cette reconfiguration va conduire, à plus long terme, à une hausse globale de la productivité dans le commerce en général, associée, théoriquement, à des salaires meilleurs pour les employés travaillant le dimanche - qui vont donc consommer plus - et à une baisse des prix. Au total, ces éléments peuvent augmenter le pouvoir d'achat et donc la consommation et l'activité, ce qui viendra compenser les négatifs des destructions d'emplois.

Alors finalement, l'ouverture dominicale n'est pas une si mauvaise mesure...

A long terme, effectivement, mais il faudra gérer cette nouvelle répartition de l'emploi dans le secteur ainsi que la fermeture de petits commerces. Cette mesure s'avère par ailleurs inégalitaire socialement. Elle favorisera les personnes jeunes, mobiles, résidant dans des grandes villes, qui pourront plus facilement accéder à une zone commerciale ouverte le dimanche que les habitants des petites communes, des espaces ruraux, ou les personnes âgées guère mobiles qui risquent de ne plus pouvoir profiter de leurs commerces de proximité. Toute la population n'a pas le même intérêt dans cette affaire. Selon un sondage IFOP de 2006, 56 % des personnes interrogées ont une opinion favorable sur l'ouverture le dimanche ; ce taux grimpait à 75 % chez les Franciliens. Je note par ailleurs que 75 % des salariés interrogés disaient ne pas vouloir travailler le dimanche.

Combien de personnes travaillent déjà le dimanche, grâce à diverses dérogations ?

En 2004, l'Insee indiquait que 3,4 millions des personnes déclaraient travailler habituellement le dimanche. C'est beaucoup. Entre ceux qui travaillent déjà le dimanche et ceux qui ne désirent pas le faire, les marges de manoeuvre sont très faibles. Ou alors des incitations très fortes en termes de salaires ou de jours de récupération devront être proposées.

Existe-t-il des études récentes sur l'impact économique de l'ouverture dominicale des commerces ?

Aucune n'a été réalisée depuis celle de 1993, pour le Conseil économique et social, qui ne tranchait pas sur les effets, ceux-ci dépendant du scénario retenu.

Propos recueillis par Francine Aizicovici dans Le Monde du 11 décembre 2007.



dimanche 9 décembre 2007

La France des territoires maltraitée

Sous des angles différents, la réforme de la carte judiciaire que la garde des sceaux, Rachida Dati, est en train de boucler, avec la fermeture de nombreux tribunaux, comme l'idée de la commission sur la croissance, présidée par Jacques Attali, d'encourager le développement de la grande distribution, au détriment des petits commerces, dessinent une nouvelle géographie des territoires. Dès qu'on raisonne aménagement du territoire, mode de vie, tissu social, les deux sujets sont liés. Ecoles, bureaux de poste, tribunaux et commerces de proximité favorisent aussi le renouveau du rural, la vie en ville et le maintien du lien social.

Pour « libérer » la croissance, la commission Attali prône un rôle accru et une nouvelle extension de la grande distribution, grâce à une libéralisation radicale de son cadre législatif. Les hypermarchés ont bien sûr des avantages, qu'il faut parfois relativiser, en termes de prix et de choix. Mais, en dehors du lobby des grands distributeurs, observateurs et acteurs de la vie locale s'accordent maintenant sur les effets pervers, qui ne sont pas moins réels, du « tout hypermarché ». Alors que la sensibilité au coût du carburant, à la pollution et aux gaz à effet de serre n'a jamais été aussi forte, la focalisation des zones commerciales en périphérie des villes, alliée à l'urbanisme pavillonnaire irraisonné, crée un trafic automobile et parfois des bouchons dignes des agglomérations autour de complexes plantés en pleine campagne. Sans compter les « entrées de villes », défigurées par les publicités et l'architecture style hangar générée par la grande distribution.

Surtout, il a fallu plusieurs années, et des dégâts irréversibles, pour se rendre compte qu'en tuant une bonne partie des commerces de proximité, surtout dans les plus petites communes, l'éclosion des hypermarchés avait aggravé la dévitalisation de l'espace rural. C'est après leur disparition dans beaucoup de villages que le rôle précieux des petits commerces dans le maintien du lien social a été reconnu.

Aujourd'hui, de nombreuses communes ou structures intercommunales s'échinent à recréer ces espaces perdus. L'enjeu est d'autant plus réel que, depuis plusieurs années, une tendance de fond au repeuplement des zones rurales fait peu à peu oublier, au moins dans certaines régions, le spectacle déprimant de ces bourgades aux rues mortes, avec leurs volets toujours fermés.

Pour les centres-villes des communes plus importantes, dont certains semblent condamnés à mourir à petit feu, la concurrence des grandes surfaces se conjugue avec la hausse de l'immobilier pour chasser les commerces individuels, qui n'ont pas les reins assez solides. Ils sont remplacés par des franchises de grandes marques d'habillement, des agences bancaires ou immobilières aux moyens bien supérieurs, voire des grossistes dans certains arrondissements parisiens.

Les pouvoirs publics sont assez conscients du problème pour avoir fait voter en 2005 un texte, la loi Dutreil, qui doit permettre aux municipalités de préempter un local commercial devenu libre pour éviter un changement de destination. Signe de l'importance du sujet, la Ville de Paris, condamnée par le tribunal administratif pour avoir introduit dans son nouveau plan local d'urbanisme (PLU) une disposition visant le même objet, ne s'avoue pas vaimenée par Rachida Dati) ncue : elle vient de faire appel.

Bien qu'activités et acteurs en soient très différents, ce débat est à rapprocher de celui sur l'implantation des services publics, relancé par la réforme de la carte judiciaire, qui devrait entraîner la fermeture de nombreux tribunaux d'instance. En matière d'aménagement du territoire, services publics et commerces de proximité sont liés. A la campagne, quand elle veut fermer un bureau, la poste n'engage-t-elle pas des négociations pour qu'un « point services » offrant des prestations minimales soit installé chez un commerçant de proximité... à condition qu'il existe encore ? Dans les cités difficiles, chacun sait que le départ des commerces accompagne souvent la fermeture des services publics. De nombreux élus locaux mènent d'ailleurs de pair les deux batailles, qu'il serait trop facile de ramener à des manifestations d'immobilisme teinté de préoccupations électoralistes.

DOUBLE SCHIZOPHRÉNIE

Est-il possible de concilier efficacité et taille critique, sécurité - pour les hôpitaux et les maternités -, respect des contraintes budgétaires ou de rentabilité, mais aussi proximité ? L'équilibre, de plus en plus délicat à définir, est essentiel. Difficile de faire croire aux populations rurales que la fermeture des gendarmeries la nuit (remplacées par un centre départemental gérant les appels) a renforcé le sentiment de sécurité des citoyens... La façon dont est calculée la distance optimale entre deux tribunaux ou trésoreries n'est sans doute pas la même dans les cabinets ministériels et au ras du pavé. La nouvelle géographie du TGV, la vitesse accrue des transports ont créé une illusion de rapidité et de facilité. En réalité, 90 kilomètres aller et retour, sur des routes départementales en traversant villes et villages, prennent plus de temps et de fatigue qu'un aller simple Paris-Lille en TGV. Avec en sus les aléas et les risques de la circulation routière, en particulier hivernale.

La répartition harmonieuse de la population, l'utilisation raisonnée de l'atout offert par le territoire le plus vaste de l'Union européenne, l'application du principe républicain d'égalité des chances supposent que tous ces éléments soient pris en compte. Nicolas Sarkozy en est conscient. Pendant sa campagne présidentielle, il a martelé que l'Etat pouvait faire des économies et diminuer le nombre de fonctionnaires, sans réduire les services rendus aux citoyens, en redistribuant ses ressources humaines de façon plus rationnelle. Or François Fillon a pris une position inverse, quand il a indiqué, le 10 octobre, que la « réforme de l'Etat supposera que chacun d'entre nous accepte qu'il y ait moins de serv ices, moins de person nel, moins d'Etat s ur son territoire ». Ce grand écart ressemble à une double schizophrénie à la tête de l'Etat : entre les promesses du candidat devenu président et les annonces du chef de son gouvernement ; entre celles-ci et les orientations affichées - sinon mises en oeuvre - par les pouvoirs publics depuis des années.

La commission Attali semble avoir oublié le principe, pourtant bien connu des économistes, de l'interaction entre différents facteurs : même d'un strict point de vue économique, un territoire et un tissu urbain en déclin représentent une perte de croissance potentielle... Il revient à l'Etat, qu'incarne aujourd'hui M. Sarkozy, d'éviter de tomber dans le même travers.

Jean-Louis Andreani dans Le Monde du 9 décembre 2007

jeudi 6 décembre 2007

Carrefour City


Carrefour lance Carrefour City. Un nouveau concept testé pour explorer le créneau en Espagne.

Les deux premières unités de Carrefour City ont été ouvertes dans le centre et dans la périphérie de Madrid dans des espaces en location, une troisième est prévue avant la fin de l'année. La décoration est marquée par la couleur rouge et un éclairage vif, les codes ne déparent pas avec ceux de leur grand frère.

Les Carrefour City représentent une surface de 350 à 500 m2 et commercialisent 3 500 références alimentaires dont 1 200 en marge propre. Le frais est à l'honneur avec une section de fruits au milieu du magasin. Le non-alimentaire se limite aux produits de première nécessité. Il ne s'agit pas de convenience store à proprement parler puisque les horaires d'ouverture sont limitées de 9 heures à 21 heures. En cas de succès, le concept sera étendu à d'autres villes d'Espagne.

Pour l'instant il n'est pas encore question de découvrir ce nouveau format en France. Pourtant la stratégie de Carrefour est bien celle du multiformat momoenseigne... Alors que les petits hypers deviennent Carrefour Express et les supers Carrefour Market, nous gardons les Shopi et autres 8 à huit dans l'Hexagone.

Dominique Deslandes